Prescription des dettes en Belgique : Quel délai avant extinction ?
Une facture oubliée au fond d’un classeur, un prêt jamais réclamé, un vieux solde d’impôt qui refait surface… Et si cette dette était tout simplement éteinte par le temps ? En Belgique, des milliers de dossiers meurent de leur belle mort parce qu’aucune action utile n’a été posée dans les délais. Pour un créancier, c’est une douche froide. Pour un débiteur, c’est parfois une bouffée d’air. Concrètement, la majorité des dettes civiles et commerciales se prescrivent en 10 ans (Code civil, art. 2262bis), certaines en 5 ans – et quelques régimes spéciaux s’appliquent aux impôts, aux dettes alimentaires ou aux cotisations sociales. Tout se joue sur des dates clés, des actes précis et des preuves que l’on garde (ou qu’on perd). C’est là que la “prescription des dettes belgique délai créancier” prend tout son sens : que faut-il faire, quand, et comment, pour ne pas laisser filer – ou pour faire valoir – l’extinction ? Vous allez voir, les règles ne sont pas qu’une affaire de juristes. Elles tranchent des histoires bien humaines : un artisan payé trop tard, une PME étranglée par des impayés, un parent qui attend une pension. Pas de grand discours théorique ici – juste les bons réflexes, des délais clairs, et des stratégies concrètes pour éviter les mauvaises surprises.

Sommaire (10 sections)
- 01Concept légal de la prescription en droit belge
- 02Délai de prescription des dettes : 10 ans ou 15 ans ?
- 03Interruption et suspension de la prescription
- 04Moyens de relancer la prescription sans aller (tout de suite) au tribunal
- 05Dettes particulières: impôts, dettes alimentaires, loyers, salaires, prêts
- 06Obligations du créancier face à la prescription
- 07Défense en prescription devant le tribunal
- 08Check-list des délais par type de dette (entreprises et particuliers)
- 09Erreurs fréquentes et bonnes pratiques côté débiteur et créancier
- 10Questions fréquentes
Concept légal de la prescription en droit belge
La prescription, ce n’est pas qu’un mot de juriste. C’est le chronomètre qui tourne contre vous – ou pour vous. Si personne n’agit à temps, la créance s’éteint définitivement. En pratique, cela signifie que le débiteur ne peut plus être contraint de payer et que le juge rejettera l’action du créancier.
Ce que dit la loi — les bases utiles
Le cœur des règles se trouve dans le Code civil (ancien Titre relatif à la prescription, notamment les art. 2262bis, 2262ter, 2269 et s.). La règle générale: l’action personnelle se prescrit par 10 ans (art. 2262bis, §1er). Pour les dommages extracontractuels, on parle de 5 ans à partir de la connaissance du dommage et de son auteur, avec un plafond de 20 ans (art. 2262bis, §1er, al. 2). Les intérêts, loyers, salaires, pensions alimentaires – tout ce qui est dû périodiquement – tombent sous un délai de 5 ans (art. 2277). Et certaines matières (fiscal, social, notarial) ont leurs propres horloges.
Un mécanisme double: extinction et sécurité juridique
La prescription éteint l’action (vous ne pouvez plus poursuivre), et au-delà d’un certain temps, elle protège la sécurité juridique. Vous avez peut-être des e-mails, un bon de commande, une facture… mais sans action dans le délai, ces preuves ne servent plus devant le juge. Exemple concret: une facture B2B du 15 mars 2014, jamais réclamée en justice ni reconnue par écrit par le débiteur. Le 16 mars 2024, le créancier ne peut plus forcer le paiement. Zéro. Même avec la meilleure comptabilité au monde.
Quand le compteur démarre — et comment il s’arrête
Le délai commence à courir le lendemain de l’exigibilité de la dette (échéance prévue au contrat, date de facture + délai de paiement légal, etc.). Deux notions changent la donne: l’interruption (qui remet les compteurs à zéro, par exemple une citation en justice ou une reconnaissance écrite de la dette) et la suspension (qui met le délai sur pause, par exemple pendant la minorité ou un cas de force majeure — art. 2251 et s.).
Astuce pour les PME: ne laissez jamais une facture franchir 12 mois sans acte fort. Une mise en demeure par huissier (120 à 200 € selon le tarif) suivie, si besoin, d’une citation (souvent entre 180 et 350 €) est infiniment moins chère qu’une créance perdue. Cette vigilance est cruciale quand on s’intéresse à la “prescription des dettes belgique délai créancier”, parce que chaque jour compte.
Délai de prescription des dettes : 10 ans ou 15 ans ?
La question revient sans cesse. Vous entendez « 10 ans », d’autres disent « 15 ans ». Qui a raison ? En vérité, tout dépend de la nature de la dette et des garanties qui l’accompagnent.
Le socle: 10 ans pour les actions personnelles (art. 2262bis)
En droit belge, la règle pivot reste 10 ans pour les dettes contractuelles classiques – ventes, prestations de services, prêts entre particuliers, factures entre entreprises. Exemple: une facture exigible le 1er juin 2016, sans acte interruptif, se prescrit le 1er juin 2026. Une reconnaissance écrite en 2020 ? Le délai repart pour 10 ans à compter de 2020.
D’où vient le chiffre de 15 ans ?
Le chiffre de 15 ans apparaît parfois pour des créances garanties par hypothèque ou issues d’actes notariés, parce que la pratique confond le régime de l’action personnelle avec celui des sûretés et l’ancien droit transitoire. Deux repères utiles:
- L’inscription hypothécaire produit ses effets pendant 30 ans sauf renouvellement (Loi hypothécaire, art. 88) – ce n’est pas le délai d’action, mais la durée d’opposabilité de la sûreté.
- D’anciens contrats ou certains textes particuliers ont pu viser un délai plus long; toutefois, pour l’action en paiement elle-même, le juge se réfère le plus souvent au délai de 10 ans, sauf texte spécial. En clair: si votre banque agit uniquement sur le fondement contractuel, on retombe sur 10 ans; si elle poursuit la réalisation de l’hypothèque, on bascule dans la mécanique des sûretés et des inscriptions (avec leurs propres échéances).
Quand 5 ans, 3 ans ou 1 an s’appliquent
Beaucoup de dettes « périodiques » se prescrivent par 5 ans (art. 2277: intérêts, loyers, pensions alimentaires par mensualité). En fiscal, l’administration dispose en principe de 3 ans pour établir l’impôt (CIR 92, art. 354), jusqu’à 7 ou 10 ans en cas d’indices de fraude (art. 358), et les délais de recouvrement s’alignent souvent sur 5 ans. Certaines matières ultra-spécifiques (télécom, hôtellerie) connaissent des délais d’1 an pour certains types d’actions.
En pratique, si vous êtes créancier: notez l’exigibilité, planifiez une relance formelle dans les 3 à 6 mois, et si rien ne bouge, engagez une procédure bien avant 2 ans. Mieux vaut un coût de 165 € de droit de mise au rôle au tribunal de l’entreprise que de laisser passer la date fatidique. Besoin d’un avis sur votre cas « 10 ou 15 ans » ? Trouvez un avocat en prescription sur NexLaw. Et gardez en tête que la « prescription des dettes belgique délai créancier » est une formule qui cache souvent des casuistiques pointues.
Interruption et suspension de la prescription
Vous avez une dette qui approche de l’échéance fatidique ? Ou une créance ancienne que vous ne voulez pas perdre ? Deux leviers existent: interrompre (remettre le compteur à zéro) et suspendre (mettre le compteur sur pause). La nuance fait toute la différence.
Interruption: remettre à zéro (art. 2244 et s.)
Trois actes phares interrompent la prescription:
- La demande en justice (citation ou requête) – dès qu’elle est valablement introduite, le délai repart de zéro à compter de cette demande si elle aboutit (art. 2244). Coût typique: citation par huissier 180-350 €, droit de mise au rôle 50 à 165 € selon la juridiction.
- La reconnaissance par le débiteur (écrite, signée, ou paiement partiel) – un virement de 50 € sur une facture de 2.000 € ou un e-mail signé « je paierai fin du mois » suffit souvent (art. 2248). Astuce: proposez un plan de paiement écrit.
- Les actes d’exécution forcée (saisie, commandement) – un PV de saisie conservatoire ou exécutoire stoppe et relance le délai (art. 2244, al. 2). Attention: une simple mise en demeure par courrier ordinaire ne suffit pas. Pour sécuriser l’interruption extra-judiciaire, passez par huissier (sommation) ou obtenez une reconnaissance écrite incontestable.
Suspension: mettre le temps sur pause (art. 2251 et s.)
La loi protège certaines situations: minorité, force majeure, conciliation obligatoire dans certains secteurs, ou encore médiation de dettes peuvent suspendre temporairement le délai. Exemple: un débiteur placé en règlement collectif peut bénéficier d’une suspension des poursuites – et donc d’un gel du compteur durant la procédure.
Calendrier concret
- Dette exigible le 1er septembre 2018 (délai 10 ans). Citation valablement signifiée le 20 août 2026: la prescription est interrompue, et un nouveau délai court à partir de cette date.
- Paiement partiel le 5 mai 2020: interruption à cette date; nouveau délai 10 ans (ou 5 ans pour les arriérés périodiques) à compter du 5 mai 2020.
Ne jouez pas avec les derniers jours – une irrégularité de citation ou un refus de signature peut tout faire capoter. Pour bétonner une stratégie d’interruption, parlez-en à un avocat. Trouvez le vôtre sur NexLaw. Et rappelez-vous: derrière l’expression « prescription des dettes belgique délai créancier » se cachent des actes très concrets à poser, parfois en 48 heures.
Moyens de relancer la prescription sans aller (tout de suite) au tribunal
Courir au tribunal n’est pas toujours votre premier réflexe – ni le meilleur. Il existe des coups de semonce juridiques et des solutions négociées qui relancent le délai de prescription efficacement et à moindre coût.
Les actes forts à faible coût
- Sommation par huissier: un acte extrajudiciaire clair, daté, qui prouve votre réclamation et peut préparer une saisie conservatoire. Budget: 120 à 200 € selon le tarif régional et les km.
- Plan de paiement signé: proposez 4 mensualités de 250 € sur une dette de 1.000 €. La signature du débiteur (ou un premier versement) vaut reconnaissance (art. 2248) et redémarre le délai.
- Accusé de réception/écrit du débiteur: un e-mail « Je sais que je dois encore 600 €, je paie dès que possible » signé du nom de la personne (ou envoyé de son compte pro identifiable) peut suffire.
Les solutions amiables structurées
- Médiation: un médiateur agréé peut établir un protocole signé – utile comme reconnaissance et base d’un titre exécutoire si homologué.
- Procédure de recouvrement non contesté (titres incontestés): si la créance n’est pas sérieusement contestée, un huissier peut, sous conditions, obtenir un titre exécutoire plus rapide et moins cher que le tribunal. Frais variables, souvent 200 à 600 €.
Quand dégainer la procédure
Trois signaux d’alarme:
- Le débiteur ne répond plus – passez à la citation avant 6 à 9 mois d’inertie.
- Le délai légal est court (5 ans, voire 3 ans en fiscal) – agissez dans les 12-24 mois maximum.
- Risque d’organisation d’insolvabilité – saisie conservatoire si indices sérieux.
Faire juste « une relance » par e-mail ne suffit pas. Il faut un acte qui laisse une trace juridique. Au moindre doute, professionnalisez: un courrier d’avocat coûte 150 à 300 €, mais évite de perdre une créance de 10.000 €. Et si votre objectif est de sécuriser la « prescription des dettes belgique délai créancier » sans procès inutile, un avocat en recouvrement saura bâtir la bonne feuille de route. Parlez à un avocat via NexLaw.
Dettes particulières: impôts, dettes alimentaires, loyers, salaires, prêts
Toutes les dettes ne jouent pas avec la même horloge. Certaines ont des délais spéciaux, parfois plus courts, parfois plus techniques. Voici le terrain concret où les erreurs coûtent cher.
Impôts et TVA (fédéral)
- Établissement de l’impôt: délai ordinaire de 3 ans à partir du 1er janvier de l’exercice d’imposition (CIR 92, art. 354). En cas d’indices de fraude: 7 à 10 ans (art. 358).
- Recouvrement: l’administration dispose en pratique d’un délai proche de 5 ans pour agir; actes de poursuite (saisies, contraintes) interrompent. Les intérêts de retard s’ajoutent – une dette de 5.000 € peut grimper de plusieurs centaines d’euros par an.
- TVA: délais d’enquête et de recouvrement spécifiques (Code TVA), souvent alignés sur 3 à 5 ans, extensibles en fraude.
Pensions alimentaires, loyers, salaires (périodiques)
- Pensions alimentaires: chaque mensualité se prescrit par 5 ans (art. 2277). Un arriéré de 2018 peut donc être réclamé jusqu’en 2023. Les intérêts suivent le même régime.
- Loyers: 5 ans pour chaque loyer mensuel (art. 2277). Un constat d’huissier et une requête en justice de paix (rôle ± 50 €) sécurisent rapidement le dossier.
- Salaires: délais particuliers prévus par le droit social, en général 5 ans pour les arriérés avec nuances selon la convention et les infractions.
Prêts, crédits, actes notariés
- Prêts entre particuliers: 10 ans (art. 2262bis), reconnaissance écrite recommandée.
- Crédits bancaires: 10 ans pour l’action en paiement. Si sûreté hypothécaire, on gère en plus la durée d’inscription (30 ans – Loi hypothécaire, art. 88) et la réalisation forcée (délais procéduraux propres).
- Jugements: un titre exécutoire (jugement) se prescrit par 10 ans pour l’exécution (art. 2262bis, §1er) – un commandement ou une saisie relance le compteur.
Dans ces matières, la précision des dates fait tout. Exemple: pension alimentaire impayée de 300 €/mois de janvier 2017 à décembre 2018. Action introduite le 5 février 2023: les mensualités de janvier 2017 à janvier 2018 sont prescrites; celles de février à décembre 2018 restent exigibles. Pour sécuriser vos droits ou éviter une erreur de calcul, surtout dans la « prescription des dettes belgique délai créancier », faites valider votre chronologie par un avocat. Trouvez le vôtre sur NexLaw.
Obligations du créancier face à la prescription
Savoir que le temps joue contre vous ne suffit pas. Un créancier organisé a un calendrier, des modèles de lettres et un plan de preuve. Voici les obligations pratiques à ne pas négliger si vous voulez éviter l’extinction de votre créance.
Suivi des échéances et devoir d’information
- Tracer l’exigibilité: date de facture, délai de paiement contractuel (souvent 30 jours), relance à J+15/J+30.
- Informer sur les intérêts et indemnités: la loi du 2 août 2002 (retards de paiement dans les transactions commerciales) permet d’appliquer des intérêts de retard et une indemnité forfaitaire de 40 € en B2B, à condition de l’avoir annoncé. Ces montants, réclamés régulièrement, reconnaissent la créance et facilitent l’interruption.
- RGPD et archivage: garder les preuves « ce qu’il faut, aussi longtemps qu’il faut » – contrats, bons de livraison signés, e-mails clés. Sans preuve, impossible d’agir, même dans le bon délai.
Actes à poser avant la date butoir
- Mise en demeure formelle: lettre recommandée ou acte d’huissier avec détail de la dette, intérêts et délai de paiement (8 à 15 jours). Coût d’un courrier d’avocat: 150 à 300 €.
- Saisine du juge: si silence, introduire l’action 3 à 6 mois avant la prescription – par citation (180 à 350 €) et paiement du droit de mise au rôle (50 à 165 € selon la juridiction).
- Mesures conservatoires: saisie conservatoire si risque d’insolvabilité (honoraires et frais variables, souvent 400 à 900 €).
Ethique et pièges à éviter
- Évitez les pratiques agressives hors cadre (harcèlement téléphonique, menaces) – contre-productif et illégal.
- Ne recommencez pas à zéro par mégarde: un échelonnement mal rédigé peut reconnaître moins que prévu. Soignez la reconnaissance écrite (montant, échéancier, signature).
Un créancier discipliné gagne des procès parce qu’il agit tôt et bien. La « prescription des dettes belgique délai créancier » n’est pas un slogan SEO: c’est une check-list d’actions datées. Si la machine vous semble lourde, déléguez: un avocat ou un huissier sécurise vos délais pour quelques centaines d’euros, loin du coût d’une créance perdue.
Défense en prescription devant le tribunal
Recevoir une citation n’est jamais agréable. Mais si la prescription est acquise, vous avez une défense redoutable: l’exception de prescription. Bien soulevée, elle éteint l’action – et ferme le dossier.
Comment soulever la prescription — timing et forme
- Dès la première écriture: soulevez l’exception dans vos conclusions d’entrée. Le juge ne la relève pas toujours d’office.
- Prouvez la date d’exigibilité: calendrier des factures, échéance contractuelle, absence d’acte interruptif valable. Un simple rappel e-mail ne suffit pas; exigez la preuve d’une citation antérieure, d’un paiement partiel, ou d’une reconnaissance écrite.
- Vérifiez les délais spéciaux: salaires, loyers, pensions alimentaires (5 ans), fiscal (3-5-7-10 ans). Un panachage peut exister (ex.: loyer + charges).
Coûts et risques
- Honoraires d’avocat: comptez 600 à 1.500 € pour une défense simple en justice de paix ou tribunal de l’entreprise; plus si expertise.
- Dépens: si vous gagnez, vous pouvez obtenir une indemnité de procédure (barème légal, par ex. 180 à 1.440 € selon la valeur du litige) – elle couvre partiellement vos frais d’avocat.
- Transaction: si le créancier flanche, une transaction peut solder à 0 € si la prescription est certaine – ou à un faible pourcentage pour éviter un appel.
Cas pratiques
- Facture B2B exigible le 5 avril 2013, aucune action avant mai 2024: sauf interruption prouvée, prescription acquise (10 ans – art. 2262bis). Exception de prescription recevable.
- Arriérés de pension alimentaire 2016-2018: recevables pour les 5 dernières années seulement (art. 2277). Le surplus est prescrit.
Ne tardez pas: le délai pour conclure peut être court (45 à 60 jours dès la fixation). Un avocat peut scruter la procédure et débusquer une irrégularité de citation ou une absence d’acte interruptif. Besoin d’un coup d’œil rapide et d’une stratégie claire ? Trouvez un avocat en procédure civile sur NexLaw. Cette étape est souvent décisive dans un dossier estampillé « prescription des dettes belgique délai créancier ».
Check-list des délais par type de dette (entreprises et particuliers)
Quand on gère une TPE, une ASBL ou un ménage, il faut des repères clairs. Voici une check-list pratico-pratique, à épingler sur votre mur.
Entreprises (B2B) — service, vente, sous-traitance
- Factures B2B: 10 ans (art. 2262bis). Relancer à J+15, mise en demeure à J+30, acte interruptif avant 12 mois.
- Intérêts de retard: 5 ans (art. 2277). Pensez à l’indemnité légale de 40 € (loi du 2 août 2002) – ajoutez-la dans la mise en demeure.
- Jugement obtenu: exécution 10 ans. Renouvelez via acte d’exécution (saisie, commandement) avant l’échéance.
Particuliers — loyers, pensions, prêts, achats
- Loyers: 5 ans par mensualité (art. 2277). Exemple: loyer de novembre 2019 prescrit en novembre 2024.
- Pension alimentaire: 5 ans par terme (art. 2277). Saisissez rapidement la justice de paix en cas d’impayés répétés (mise au rôle ± 50 €).
- Prêt entre amis/famille: 10 ans dès l’échéance. Exigez une reconnaissance de dette écrite (nom, montant, échéance, signature) – un modèle chez votre notaire coûte 200 à 400 € et vous évite des querelles de preuve.
Secteurs spécifiques — fiscal, social, garantie
- Impôt des personnes physiques/sociétés: établissement 3 ans (CIR 92, art. 354), 7-10 ans en fraude (art. 358); recouvrement souvent 5 ans.
- Sécurité sociale (ONSS): délais de recouvrement généralement 5 ans (loi du 27 juin 1969, art. 42 et s.).
- Garantie légale de conformité (consommateurs): action souvent 2 ans contre le vendeur (droit de la consommation) – à distinguer d’une dette impayée.
Conseil d’atelier: mettez en place un outil d’alerte (tableur + rappels calendrier) avec date d’exigibilité, +30 jours (relance), +90 jours (mise en demeure), +180 jours (acte interruptif). Cela coûte 0 € et sauve des milliers d’euros chaque année. Et si vous avez un doute sur un délai court, ne jouez pas les apprentis sorciers: un avis juridique à 250 € vaut mieux qu’une perte sèche de 20.000 €.
Erreurs fréquentes et bonnes pratiques côté débiteur et créancier
Tout le monde fait des erreurs. En prescription, elles coûtent cher. Voici les pièges récurrents – et comment les éviter.
Côté créancier — ce qui fait perdre une créance
- Se contenter de relances informelles: des e-mails, oui; mais sans acte interruptif (citation, saisie, reconnaissance), le délai file.
- Mauvais calcul de départ: oublier que le délai commence à l’exigibilité et non à la date d’émission de facture si un délai de paiement est prévu.
- Tout miser sur un arrangement oral: un « il m’a promis » ne vaut rien. Sans trace écrite signée ou paiement partiel, pas d’effet interruptif (art. 2248).
Côté débiteur — ce qui réanime une vieille dette
- Payer 10 € « pour montrer sa bonne foi »: ce petit virement peut reconnaître la dette et relancer un nouveau délai de 10 ans.
- Signer un e-mail ambigu: « Je paierai dès que possible » peut suffire si le contexte identifie clairement la dette.
- Ignorer une citation: vous laissez le créancier obtenir un jugement – exécutable pendant 10 ans – avec intérêts et dépens.
Bonnes pratiques qui font la différence
- Créancier: tracez chaque acte (dates, recommandés, actes d’huissier), standardisez vos mises en demeure, anticipez l’audience. Coûts typiques: mise en demeure avocat 150-300 €, citation 180-350 €, droit de mise au rôle 50-165 €.
- Débiteur: avant tout paiement partiel, consultez. Une transaction écrite peut plafonner la dette, supprimer les intérêts, et clore le dossier à moindre coût.
En filigrane, tout ramène à un triptyque: dates, preuves, actes. C’est ce que recouvre en réalité l’expression « prescription des dettes belgique délai créancier »: un art de la gestion du temps. Si vous sentez que l’échéance approche, n’attendez pas le dernier jour. Un professionnel pourra sécuriser vos positions en quelques e-mails et un acte d’huissier. Trouvez un avocat maintenant sur NexLaw.
Questions fréquentes
Quelle est la durée de prescription standard pour une dette en Belgique ?
La règle générale est de 10 ans pour les actions personnelles (Code civil, art. 2262bis). Les dettes « périodiques » comme loyers, intérêts et pensions alimentaires se prescrivent par 5 ans (art. 2277). Des régimes spéciaux s’appliquent en fiscal, social, etc.
Une mise en demeure par e-mail interrompt-elle la prescription ?
Non, un simple e-mail ne suffit pas. L’interruption exige une demande en justice, une reconnaissance de dette (paiement partiel, écrit signé) ou un acte d’exécution (saisie). Une sommation par huissier est recommandée pour sécuriser la preuve.
Que se passe-t-il si je paie une petite partie d’une vieille dette ?
Un paiement partiel est souvent considéré comme une reconnaissance de dette (art. 2248) et peut relancer un nouveau délai de prescription complet. Avant tout versement, surtout sur une dette ancienne, demandez conseil.
Les arriérés d’impôts se prescrivent en combien de temps ?
L’établissement de l’impôt se prescrit en principe par 3 ans (CIR 92, art. 354) avec des extensions à 7 ou 10 ans en cas de fraude (art. 358). Le recouvrement suit en général un délai de 5 ans, interrompu par les actes de poursuite.
Combien coûte une action en justice pour interrompre la prescription ?
Comptez la citation par huissier entre 180 et 350 €, plus le droit de mise au rôle de 50 à 165 € selon la juridiction. Les honoraires d’avocat varient généralement entre 600 et 1.500 € pour une procédure simple.
Un jugement se prescrit-il lui-même ?
Oui. L’exécution d’un jugement se prescrit en principe par 10 ans (art. 2262bis). Un acte d’exécution comme un commandement ou une saisie interrompt et fait repartir un nouveau délai.
Puis-je invoquer la prescription d’office sans avocat ?
Vous pouvez, mais la prescription doit être soulevée clairement et appuyée par des dates et preuves. Un avocat augmente vos chances de succès et peut obtenir une indemnité de procédure si vous gagnez.
Quand consulter un avocat ?
- Votre créance approche des 5 ou 10 ans et vous hésitez sur l’acte interruptif à poser.
- Vous avez reçu une citation et pensez que la dette est prescrite mais ne savez pas comment le prouver.
- Vous voulez négocier un plan de paiement sans relancer involontairement le délai de prescription.
Ne laissez pas le temps décider à votre place
Un avocat en recouvrement ou en défense peut sécuriser vos délais, calibrer les actes interruptifs et éviter une extinction coûteuse.
Sources et références
Mis à jour : 2026-05-26- Code civil belge - Livre III, Titre XV (Articles 2262-2281) — Textes officiels sur la prescription extinctive: délais généraux (10 ans), interruptions (demande en justice, reconnaissance), suspensions et exceptions.
- Service Public Fédéral Justice – Prescription — Guide pratique officiel expliquant les délais, l’interruption et la suspension, et les régimes particuliers (impôts, social, alimentaires).
- Droitbelge.be – Dossier Prescription — Jurisprudence et doctrine sur l’exception de prescription, l’interruption en procédure et les délais spéciaux (alimentaire, social).
- Ordre des Barreaux Francophones et Germanophone (OBFG) – Fiches pratiques — Fiches techniques sur les délais, l’interruption par actes et la stratégie procédurale pour créanciers et débiteurs.
- Moniteur Belge – Lois modifiant le Code civil — Base de données officielle des lois et réformes relatives à la prescription et à ses délais en droit belge.